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La crise dévoilée: origines, conséquences et solutions du plus grand scandale financier de l'Histoire
par Julien Paolantoni ulien Paolantoni est étudiant en licence d'économie et de gestion à l'université Montesquieu Bordeaux 4.
Source :
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15225

"Or, nous verrons que les solutions apportées ne sauveront pas les salariés des groupes au bord du gouffre mais plutôt leurs dirigeants"
I) D'où vient la crise ?
A) Dictature idéologique et production d'experts à gages
« Ce
n'est pas avec la raison, et c'est le plus souvent contre elle, que
s'édifient les croyances capables d'ébranler le monde. » (1), Gustave Le Bon, sociologue français ( 1841-1931 )
Il
n'aura ainsi échappé à personne parmi les quelques humains encore sains
d'esprit que le monde est depuis maintenant trente ans sous l'emprise
idéologique des néolibéraux.
En
effet, en 1979 arriva au pouvoir au Royaume-Uni une charmante dame
nommée Margareth Thatcher, membre notoire de la Royal Society
britannique (2) et du Conseil privé de la reine (3) mais également du
think tank ultra-conservateur Heritage Foundation (4), qui fut un des
architectes et des soutiens les plus importants de la doctrine Reagan
qui préconisait le support des mouvements anti-communistes en
Afghanistan, en Angola, au Cambodge ou au Nicaragua (5). Or, Thatcher
n'est que la première d'une longue série de dirigeants corrompus et
dévoués aux intérêts aveugles de l'élite (Blair et Brown pour le
Royaume-Uni; Reagan, Bush I, Clinton, Bush II et Obama pour les
Etats-Unis; Mitterrand, Chirac et Sarkozy pour la France ... ). En
dehors de leur avidité de s'immiscer dans les affaires des pays
sous-développés en partie grâce à leurs soins, ces dirigeants entendent
aussi imposer au monde entier leur vision de l'économie.
Voilà
donc trente ans que nous sommes dirigés par des « fanatiques crédules
et ignorants dont les caractéristiques principales sont la crainte et
la haine »(6), comme l'a si bien démontré George Orwell dans son chef
d'oeuvre 1984 (1949), fanatiques qui croient religieusement en
l'autorégulation du marché par un régime de concurrence « pure et
parfaite » mais aussi en la « main invisible » qui permet naturellement
la « meilleure allocation des ressources »(7)
Au-delà
de cette véritable faillite intellectuelle devant le refus de voir les
faits tels qu'ils sont, comme par exemple le fait que le taux de
chômage a augmenté dans l'ensemble des pays convertis au néolibéralisme
depuis les années 1980 , est d'autant plus scandaleuse l'ingérence
perpétrée par les gouvernements néolibéraux successifs. En effet, les néolibéraux se considèrent souvent comme les représentants de Dieu sur Terre, se permettant
ainsi d'imposer leur vision erronée de l'économie et/ou d'aller imposer
leur version de la démocratie aux « Etats voyous »( Rogue States ) au
prétexte que ces pays cachent des « terroristes » (8).Ces pays n'ont en
réalité dans de nombreux cas commis aucun crime
pouvant justifier une intervention étrangère ( souvenez-vous des
prétendues « armes de destruction massives » ... ). Au delà des enjeux
géopolitiques, le but premier des néocolons est de réduire en esclavage
les pays envahis par un contrôle totalitaire de leurs économies le
temps qu'ils se « démocratisent », ce qui n'a aucune
importance puisque quand bien même ils y parviendraient ils
constateraient que leurs ressources naturelles ont été saisies et
seraient encore dans une situation de dépendance. Les élites vont ainsi
jusqu'à créer des crises de toute pièce afin de maintenir leur
domination sur la masse.
Pour
mettre en place leur projet impérial, nos amis fondamentalistes ont
cependant eu besoin d'un large soutien médiatique, ce qui nous amène à
laisser de côté pendant quelques temps les agresseurs pour nous
intéresser aux collaborateurs.
Premier appelé à la barre des accusés, le milliardaire Rupert
Murdoch, propriétaire du Wall Street Journal, dont la sympathie pour le
néolibéralisme n'est plus à prouver, mais également du Times, du New
York Post, de Fox News et de la quasi totalité des quotidiens
australiens (9). Pour être complet, il faut ajouter à cela les studios
Paramount, le géant de l'édition Harper Collins et Sony-Universal. Plus
intéressant encore, Mr Murdoch détient le site communautaire My Space,
deuxième plus gros site de mise en réseau derrière Facebook. Murdoch et
bien d'autres barons de la presse ( Lagardère et Bouygues, pour ne pas
oublier cette chère France) ont ainsi fait passer la convergence
idéologique des « experts » retenus avant l'indépendance de la presse.
Prenons par exemple le présentateur-vedette de Fox News, Bill O'Reilly.
En 1982, celui-ci faisait parti de de ces « experts » ayant servi à
légitimer les guerres impériales de Thatcher ( guerre des Malouines,
terrritoire revendiqué par l'Argentine car situé au large de ses côtes,
colonisé par le Royaume-Uni depuis 1833) et de Reagan ( soutien à la
dictature militaire en place au Salvador contre la guérilla marxiste
dans l'optique de la guerre contre le communisme) (10). De toute
évidence, une telle complaisance de la part d'un prétendu
« expert »envers des conflits loin d'être menés en vue d'instaurer un
quelconque embryon de démocratie laisse bon nombre d'interrogations sur
la viabilité de nos propres « démocraties ». En effet, O'Reilly se
définit lui-même dans son livre Culture Warrior ( 2006 ) comme
« un traditionaliste et un populiste en guerre contre les progressistes
athées » (11). Dès lors, sachant que les « experts » ne sont absolument
pas neutres puisqu'ils jouent le jeu des « élites », est-il étonnant
qu'il n'y en ait pas eu un seul à s'opposer aux orientations
économiques récentes ?
Or,
en ces temps de troubles propices à une réduction de nos libertés
individuelles au nom de l'obsession sécuritaire, il semble qu'une prise
de conscience par les masses de l'absurdité des dogmes en vigueur ne
peut passer que par des médias libres. Malheuresement, nous sommes
aujourd'hui bien loin de la fin de l'hégémonie néolibérale.
Comme
dirait Noam Chomsky, il serait temps que les médias cessent de passer
« le plus clair de leur temps à donner l'image d'un monde tel que les
puissants souhaitent que nous nous le représentions » et arrêtent de
« décider ce que le bon peuple a le droit de voir, d'entendre ou de
penser, et de gérer l'opinion à coups de propagande ».(12)
B) Institutions internationales: nouveaux hauts lieux du crime organisé officiel
Que
serait nos chers politiciens corrompus sans structures internationales
à la mesure de leurs ambitions criminelles non avouées ?
De
toute évidence, l'organisation d'une arnaque financière à l'échelle
mondiale nécessite plusieurs institutions capables de légitimer la
domination des pays riches sur les pays du Tiers-monde.
En
ce sens, la Troïka FMI-OMC-BM a parfaitement rempli son rôle. En effet,
ces trois institutions sont depuis leur création ( en 1945 à Bretton
Woods pour le FMI et la BM; en 1995 pour l'OMC,mais celle-ci n'est
qu'une version encore plus libérale des accords du GATT, datant de
1947,auxquels s'ajoute un pouvoir de sanction des pays dissidents )
financées majoritairement par les Etats-Unis, pilier du néolibéralisme.
Or, le fait d'être le principal Etat participant au financement de ces
organisations assure aux Etats-Unis une mainmise idéologique au sein de
ces organisations. Ainsi, aujourd'hui encore malgré l'échec du
néolibéralisme, aucun projet alternatif émanant de ces institutions n'a
été rendu public. Ceci implique un magnifique
exemple de « tyrannie de la majorité »dans le meilleur des cas, les
Etats-Unis disposant d'un droit de véto sur toutes les décisions
importantes et étant par ailleurs largement soutenus par les deux
autres pôles de le Triade ,sachant que de nombreux pays s'opposent à
l'idéologie dominante ( en Amérique du Sud notamment: Brésil, Vénézuela
et Bolivie en tête ) (13). Cependant, on
pourrait aussi y voir une preuve de la complicité de ces organisations
dans la mise en place d'un vaste projet visant à renforcer la
domination des puissants dans le pire des cas. Or, c'est cette dernière hypothèse qui s'avère être la plus plausible.
Le
premier élément allant en ce sens est la gestion de la dette des pays
du Sud. En effet, ceux-ci sont dépendants des aides octroyées par le
FMI en échange de leur conversion à la religion moderne nommée
néolibéralisme. Ainsi, de nombreux pays ont fait les frais de ce
chantage, parmi lesquels certains disposaient de ressources non
négligeables pour se sortir par eux-même d'une situation économique
difficile ( Chili, Argentine, Indonésie ... ) pourvu que l'on annule
leur dette... mais ceci n'est pas du tout à l'ordre du jour. En effet,
l'annulation d'une dette répond avant tout à des enjeux géopolitiques.
Par exemples, on appréciera le fait que l' Egypte a vu sa dette annulée
en 1991 lorsqu'elle décida de soutenir les Etats-Unis lors de la
première guerre du Golfe, de même que la Pologne en 2001 en échange de
son retrait du pacte de Varsovie. En revanche, les pays victimes du
tsunami de décembre 2004 attendent encore (14)... et certainement pour
longtemps, étant donné que l'Indonésie, la Thaïlande etc. font parti de
l'« Axe du Mal » tandis que l'Amérique du Sud n'entend pas se soumettre
aux Etats-Unis.
Deuxièmement, le
statut même des banques centrales font qu'elles agissent en accord avec
les orientations politiques décidées au sein des trois institutions
évoquées précédemment.
La
plus importante des banques centrales est, du fait de la position de
monnaie international exercée par le dollar,la Réserve fédérale
américaine. La première chose à savoir sur la Fed est qu'elle est
privée depuis sa création en 1913 et par conséquent agit au nom
d'intérêts privés, c'est-à-dire de ceux qui la financent: les banksters
de Wall-Street ( tout particulièrement ceux en provenance des quatre
plus gros groupes bancaires: Citigroup, JP Morgan Chase, Bank of
America et Wells Fargo ).Ensuite, la Fed n'est pas non plus
« centrale » puisque la Fed est divisée en douze organismes régionaux
indépendants, ce qui rend impossible tout contrôle de la liquidité en
circulation aux Etats-Unis, chaque filiale conduisant sa propre
politique monétaire. De même, la Banque d'Angleterre est indépendante
depuis 1997 (indépendance accordée par un certain Gordon Brown, alors
ministre des Finances ...) et n'a donc aucun compte à rendre au
gouvernement britannique.
Enfin,
la BCE est un cas particulier. En effet, bien que bénéficiant d'un
statut d'indépendance, les orientations de la BCE sont soumises à un
vote au Parlement européen, cependant, les élus européens n 'étant pas
des révolutionnaires, la politique monétaire européenne est presque
calquée sur celle de la Fed ( lutte contre l'inflation,etc.)
Récapitulons:
nous vivons dans une société où la folie est la norme et dans laquelle
très peu semblent s'en apercevoir et encore moins seraient près à la
combattre. Étant donné ceci, il est ainsi plus aisé de concevoir un
système dans lequel au bas mot 75% de la population de cette basse
terre se fait escroquer quotidiennement, bien qu'à des niveaux
différents selon le milieu social considéré.
Mais
au vu des conséquences désastreuses de ce petit jeu, il convient de
regarder de plus près comment fonctionne la planche à billets...
C) Principes de la finance moderne: jeu du gendarme et du voleur dans lequel le gendarme est aussi un voleur.
Avant de partir dans des détails techniques, revenons sur les deux principaux crimes politiques de ces dernières années.
Tout
d'abord, en 1999, sous l'administration Clinton est retiré le
Glass-Steagall Act. Cette loi, instaurée par Roosevelt en 1933 en
réponse à la crise de 1929, obligeait les banques à faire un choix
entre exercer la fonction de banque d'affaire, libre de spéculer en
Bourse, et celle de banque commerciale dont le métier est de prêter aux
entreprises et de faire fructifier les placements des épargnants en
minimisant les risques. En outre, le Glass-Steagall Act exigeait des
banques qu'elles conservent suffisamment de
réserves de liquidités pour faire face à la demande de crédit des
ménages et des entreprises. Ainsi, les banques devaient afficher dans
leur bilan un ratio dette/fonds propres maximal de 12:1, autrement dit
pour lancer un investissement par endettement à hauteur de 12 millions,
une banque devait elle-même avoir 1 million en réserve. De plus, cette
loi instaure le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires ( FDIC
) pour protéger les épargnants possédant un dépôt inférieur ou égal à
100000 $ contre toute perte de capital.
En
1999, après un lobbying de l'industrie bancaire sur le Congrès
d'environ 300 million de dollars ( selon Michel Chossudovski,
professeur d'économie à l'université d'Ottawa ), le Glass-Steagall Act
est retiré au profit du Gramm-Leach-Bliley Act ou loi dite de
« modernisation des services financiers ».
Etant
donné que le Congrès américain est composé de 535 membres, tous plus
honnêtes les uns que les autres, 452 membres ont voté en faveur de la
loi, et si on considérait que chacun a reçu une
part égale du lobbying nous arriverions à une prime de 663717 $ par
membre favorable à la proposition de loi ...
Or,
comme ces personnes sont quand même loin d'être stupides, considérons
plutôt qu'ils ont vendu leur pays pour 600000 $. En effet, quand on
regarde en quoi consiste cette loi, nul besoin d'être spécialisé en
finance pour se rendre compte qu'elle mènera au désastre, ou quand bien
même on ne s'en serait pas aperçu il suffit de jeter un coup d'oeil en
direction d'où vient cette loi pour arriver à la même conclusion.
En
résumé, cette loi n'est autre que le contraire du Glass-Steagall Act:
fin de la distinction entre banques d'affaires et banques commerciales
et quasi-fin du système des réserves obligatoires ( le ratio passe de
12:1 à 30:1 ... ). Et devinez-qui sont ceux qui ont fait pression pour
que cette loi soit votée ?
Réponse: les mêmes à qui on demande aujourd'hui de résoudre la crise (15) !
- Lawrence
Summers, président du fond spéculatif D.E Shaw en 1999, a exercé un
rôle majeur dans la campagne de lobbying sur le Congrès jusqu'à être
nommé secrétaire au Trésor par Clinton. Summers est aujourd'hui le
principal conseiller économique d'Obama ...
- Paul
Volcker, ex-directeur de la Fed ( 1979-1987 ), a conduit la première
étape de dérégulation financière qui a conduit à la crise de 1987.
Volcker fait aussi parti du Conseil économique d'Obama ...
- Alan
Greenspan, successeur de Volcker à la Fed ( 1987-2006 ), continuera la
politique monétaire de son prédécesseur, basée sur la faiblesse
permanente des taux d'intérêt entraînant un excés de liquidité disponible pour rendre possible les opérations démesurées de Wall Street.
- Jon
Corzine,PDG de Goldman Sachs au moment des faits, une des principales
banques bénéficiaires de la réforme. Son départ de G-Sax lui rapporta
400 millions de dollars. Corzine est actuellement gouverneur du New
Jersey, après avoir été membre du Commité bancaire du Sénat ( 2000-2005
).
- Tim
Geithner,membre notable du CFR, think tank attitré de la
philanthropique famille Rockefeller, il faisait également parti du
secrétariat au Trésor sous Clinton. Geithner deviendra ensuite
président de la Fed de New York ( la plus puissante des douzes ), puis
secrétaire au Trésor d'Obama
Deuxième
crime politique: la mise en place sous différentes formes de boucliers
fiscaux en Europe ( France, Allemagne, Espagne, Suède et Finlande à ma
connaissance ) et aux Etats-Unis.
En
France, il a été instauré par la loi de Finances 2006, abaissant les
impôts des contribuables de 60% à 50% de leurs revenus depuis le 1er
janvier 2008, sur les revenus de 2007. Le dispositif prend en compte
l'ensemble des prélèvements fiscaux : la contribution sociale
généralisée ( CSG ), la contribution pour le remboursement de la dette
sociale( CRDS), l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF),
l'impôt sur le revenu, , les taxes foncières et la taxe d'habitation
sur la résidence principale. Le système fonctionne par remboursement de
l'administration fiscale: si les impôts payés dépassent le seuil de 50%
des revenus, celle-ci rembourse l'excédent aux contribuables (16).
Ainsi, l'Etat français rembourse ses membres les plus riches, une
logique admirable quand les classes moyennes et populaires ont du mal à
boucler leurs fins de mois ...
Aux
États-Unis, les contribuables dont l'impôt payé est faible par rapport
à leur revenu sont soumis à un autre système de calcul dit Alternate
Minimum Tax (AMT), consistant en un taux unique et ne prenant pas en
compte la plupart des déductions et crédits d'impôts auxquels ont droit
les autres contribuables. Au cours des dernières années cependant, ce
système d'impôt minimal a touché de plus en plus de ménages des classes
moyennes, en particulier à cause de l'augmentation des prix de
l'immobilier : en effet, les plus-values à la revente d'une résidence
principale, largement exemptées d'imposition dans le système normal,
sont prises en compte comme revenus par l'AMT.
En
résumé, les boucliers fiscaux, quelle que soit leur forme, répondent à
une volonté politique de limitation de la participation des plus riches
au financement du budget de l'Etat, laissant ce soin aux classes
moyennes et défavorisées pour que les riches
placent plutôt leur argent dans des produits financiers douteux. Dans
le même temps, la hausse des salaires de l'écrasante majorité de la
population active est inférieure à la progression de l'inflation, ce
qui diminue la consommation et affaiblie donc davantage l'économie.
La récupération politique tient alors du génie criminel: vendre véritablement au peuple cet attentat financier grâce à la propagande médiatique, visant à faire passer l'illusion
de croissance économique résultant de la hausse des titres financiers
suite à une pure frénésie d'achat totalement irrationnelle pour une
augmentation réelle de la richesse globale du pays. Les
« pessimistes », c'est-à-dire ceux qui sont réalistes, ne s'en
étonneront pas car « la politique économique a souvent été aux
antipodes de l'intérêt économique lui-même »,J.K Galbraith.
Ceci
dit, il est temps d'aller voir au coeur du problème: qu'est-ce qui ne
marche pas dans l'organisation d'un monde régit par la finance de
marché ?
Comme
nous l'avons vu précédemment, les grands groupes bancaires et autres
financiers de haut vol sont les véritables maîtres du monde car ils
contrôlent les décisions politiques à distance par le biais du
financement des campagnes électorales, puis grâce au lobbying sur les
autorités éxécutives et législatives (17) ( on ne parlera pas des
relations entre lobbyistes et magistrats car ce sujet est suffisamment
sensible pour envoyer quelqu'un en prison pour « diffamation » ). La
propagande médiatique sert en suite à faire passer les intérêts de
cette minorité pour ceux de la majorité, un processus fascinant que
Pierre Bourdieu a joliment baptisée « violence symbolique » (18) car
les opprimés finissent par désirer ce que leurs bourreaux désirent.
Ainsi,
le dernier obstacle à une domination totale des « insiders »,
c'est-à-dire ceux qui sont à l'intérieur des des institutions non élues
qui décident de tout pour tous, sont les quelques organismes dit de
« contrôle ».
Or, force est de constater que ceux-ci ne sont pas indépendants comme ils devraient l'être.
En
premier lieu, les agences de notation chargées d'évaluer les banques en
fonction de la qualité des crédits qu'elles octroient sont contractées
et rémunérées par ... les banques mêmes qu'elles sont sensées évaluer
(19).
Par
exemple, on appréciera le fait qu' au moment du déclenchement de la
crise des subprimes, crédits de mauvaise qualité destinés aux ménages
modestes, les principales agences de notation ( Moody's et Standard
& Poor's ) accordaient aux banques directement impliquées dans
cette crise, c'est-à-dire Lehman Brothers, Merryl Lynch, Citigroup, etc la note AAA, soit la meilleure note possible.
La
complicité des agences de notation a ainsi permise la mise au point par
les banques de produits financiers toujours plus complexes et risqués,
donc plus rémunérateurs.
En
effet, les années 1990 marquent le début d'une nouvelle ère financière
en raison du développement de la titrisation, processus permettant de
transformer les crédits en titres échangeables. C'est ce phénomène qui a conduit à l'augmentation du nombre de crédits à risque en circulation dans l'économie car les banques s'incitent
mutuellement à accorder le plus de crédits possibles, en considérant
que celles qui en émettront le plus seront les plus rentables et donc
verront leur cotation boursière améliorée en conséquence (20). Par
ailleurs, le fait que les banques centrales maintiennent les taux
d'intérêts à des taux anormalement bas encourage d'autant plus les
banques à recourir à l'emprunt pour financer leurs investissements, et
devront ensuite octroyer un maximum de crédits pour éponger leurs
dettes, c'est le but de la titrisation.
Ce mécanisme est basé sur une tentative de répartition des risques entre les différents acteurs d'une transaction.
Il existe alors trois grandes familles de produits financiers de protection.
Premièrement, les dérivés sur événement de crédit ou Credit
Default Swaps (CDS) sont des contrats financiers de protection, entre
acheteurs et vendeurs. L'acheteur de protection verse au vendeur de
cette protection une prime annuelle calculée sur le montant de l'actif
( c'est à dire le produit financier dont il est question ), en échange
de laquelle le vendeur promet de compenser à terme les pertes de l'actif en
cas « d'événement de crédit » ( ensemble des risques envisagés )
précisé dans le contrat. C'est donc, sur le plan des flux financiers,
comme un contrat d'assurance.
Il
s'agit toutefois d'une transaction non-financée : sans obligation de
mettre de côté des fonds pour garantir la transaction ( ce qui pose un
problème évident en cas « d'événement » ) , le vendeur de protection
reçoit des primes périodiques et augmente ses avoirs ( ce qu'il possède
) sans le moindre investissement en capital si aucun événement de
crédit n'a lieu jusqu'à échéance du contrat. Dans le cas contraire, il
est contraint de faire un paiement , donc de fournir des fonds. Il
s'agit donc d'une exposition hors-bilan ( c'est-à-dire non répertorié
dans le bilan de l'agent économique, faisant le solde ( capital
financier moins dette ) de toutes les opérations effectuées par
celui-ci ) étant donné que le vendeur n'engage pas ses fonds propres au
moment de la signature du contrat.
Deuxièmement,
les valeurs mobilières adossées à des actifs ou Asset-Backed Securities
(ABS),sont des valeurs mobilières dont les flux sont basés sur ceux
d'un actif ou d'un portefeuille d'actifs.
Les
flux peuvent par exemple être basés sur ceux d'un portefeuille
d'emprunts immobiliers, de paiements de cartes bancaires, de créances
commerciales.
Les
ABS sont l'une des formes les plus courantes de titrisation. Les ABS
les plus répandus sont assis sur des crédits hypothécaires (
Morgage-Backed Securities, MBS ). C'est la perte de confiance des
investisseurs sur les MBS qui déclencha la crise de l'immobilier aux
Etats-Unis pendant l'été 2007 ...
Un
ABS est généralement constitué d'un paquet de 3 000 à 6 000 crédits
d'un montant unitaire de 100 000 à 500 000 dollars. Imaginez-donc ce
qui se passe quand des millions d'ABS perdent leur valeur ...
Enfin,
les obligations adossées à des actifs ou Collaterised Debt Obligations
(CDO) sont des structures créées sur mesure par les banques à
destination d'investisseurs.
Un CDO regroupe en général des titres issus de 120 à 250 actifs (ABS ou obligations
) pour un montant compris entre 1 et 2 milliards de dollars. Or, étant
donné le poids financier d'une telle opération il serait légitime que
l'acheteur soit parfaitement informé des caractéristiques du produit
qu'il est sur le point d'acquérir...
Cependant, les acheteurs ne savent en réalité que très peu de choses sur ce qu'il vont acheter. En un mot, tout repose sur la confiance:
Les parts de CDO sont divisées en trois tranches selon le degré de risque pris par l'investisseur :
Les
tranches equity sont les plus risquées. Elles sont généralement
achetées par un fond spéculatif (hedge fund ) ou le gérant du CDO.
Elles sont les premières à supporter le risque.
Les
tranches mezzanine sont intermédiaires. Elles sont généralement
achetées par des gérants d'actifs ou des investisseurs indépendants.
Les
tranches senior ou super-senior sont les moins risquées. Elles sont en
général notées AAA par les agences de notation. Elles sont généralement
achetées par des assureurs monoline (rehausseurs de crédit) tels Ambac
ou XL Capital. Le problème est que les investisseurs achètent par
« paquets », ainsi en raison de l'opacité du système bancaire, même
dans un paquet noté AAA la banque peut sans grandes difficultés glisser
des actifs de piètre qualité dans le lot.
Rajoutons
donc les agences de notation au club très fermé des architectes de la
présente crise pour ne pas avoir dégradé les notes des crédits à
risques et ne pas avoir exigé toutes les informations nécessaires sur
les contrats d'assurances douteux.
Cependant, on pourrait quand même se demander pourquoi les autorités de contrôle des marchés financiers, notamment la Securities
and Exchange Commission (SEC) aux États-Unis, n'ont pas réagi à la
titrisation massive de crédits à risques par un durcissement des
contrôles.
La
première explication est que la SEC fut créée en 1934 par Roosevelt
pour faire appliquer le Glass-Steagall Act, entre autre. Or, celui-ci
n'est plus en vigueur depuis 1999. On peut donc en conclure que les personnes à l'origine de son retrait voulaient par la même occasion affaiblir la SEC.
En guise de seconde explication, regardons qui est généralement nommé pour diriger la SEC.
Réponse: un financier nommé par le Président ayant le soutien du Sénat corrompu ...
En
effet, l'actuelle directrice de la SEC, Mary Schapiro était avant sa
nomination membre du Conseil d' Administration du groupe énergétique
Duke Energy et du géant de l'alimentation Kraft Foods. Elle doit donc
avoir de bonnes relations à Washington et Wall Street, et par
conséquent ne pas vouloir trop compromettre les activités de ses amis
(21).
Les
financiers n'ayant donc pas de véritable contrainte extérieure dans
l'exercice de leurs activités informellement destructrices, n'ont
plus qu'à placer leur butin dans un des nombreux paradis fiscaux
soigneusement mis à leur disposition par leurs amis des institutions
internationales, car l'argent des criminels d'aujourd'hui servira à
financer les campagnes électorales des politiciens corrompus de demain.
Les paradis fiscaux ( Monaco, Iles Caïmans, Liechtenstein, etc.) ont
ainsi un rôle central dans le rapport de domination de l'« élite »
mondiale sur le reste de la planète.
En
effet, ceux-ci hébergent, outre les sièges sociaux des banques, la
majorité des fonds spéculatifs, des fonds souverains ( fonds
spéculatifs d'Etats ! ) et autres fonds de pension dont l'activité est
de dérober la retraite des vrais travailleurs à qui on aura vendu le
rêve d'une vie moins misérable.
A la lumière de ce qui a été dit jusqu'à présent, on peut désormais assimiler le fonctionnement de la
finance contemporaine à celui de la Mafia, chacun des criminels
s'attelant à la réalisation d'un crime précis sur commande d'un
supérieur hiérarchique.
A
une différence près: en finance les truands ne se font pas la guerre,
et à vrai dire ne se font même pas concurrence, tous étant spécialisés
dans le domaine où ils excellent, ils sont complémentaires et
interdépendants. Les « banksters » ( contraction ingénieuse de banker
et gangster ) forment donc une grande et belle « famille ». Reste à
établir précisément les conséquences des agissements frauduleux de la
« famille ».
II) La Crise, épilogue du scénario rédigé par les puissants de ce monde
« Il ne peut pas y avoir de crise la semaine prochaine: mon agenda est déjà plein », Henry Kissinger, ancien conseiller à la défense nationale ( 1969-1973 ) puis Secrétaire d'Etat américain ( 1973-1977 ).
Cette phrase, prononcée par un des principaux architectes de la politique américaine depuis les années 1970,
illustre
assez bien la situation des Etats dits « démocratiques »: une minorité
sans légitimité cherche à maintenir sous son contrôle les décisions
majeures. Par conséquent, même les crises se produisent quand l'élite
le décide.
En effet, les époques les
plus profitables étant les périodes de reconstruction, ceux qui
détiennent le pouvoir déclenchent volontairement des crises quand les
méthodes traditionnelles pour faire de l'argent facile ( spéculation,
exploitation des travailleurs, propagande, etc. ) restent nécessaires
pour maintenir le statu quo mais pas
pour continuer à réaliser des profits colossaux. Ainsi, tout au long de
l'histoire les crises diverses telles que celles liées aux matières
premières ( pétrôle (22), céréales (23), etc. ) ou celles du secteur
bancaire correspondent bien à cet objectif, sans parler des guerres
(24). Pour se faire une idée précise du genre de personnes à l'origine
de l'organisation des crises, il suffit de chercher des information sur
les membres des think tanks les plus influents ( Heritage Foundation,
Project for the New American Century, American Enterprise Institute et
CFR ) et des groupes de pression dominants ( groupe Bilderberg en
premier lieu ).
Il reste maintenant à établir les conséquences des agissements de ces parasites à la lumière de la présente crise.
A) Destruction de l'économie réelle
La
conséquence de la crise bancaire conjuguée avec celle de la dette
publique est l'alourdissement des déficits budgétaires: les banques ne
prêtent plus aux Etats comme auparavant donc ceux-ci cherchent à
réduire leurs dépenses mais n'y parviennent pas ce qui aboutit à une
aggravation des déficits. (25)
Or,
les Etats sont contraints par le FMI ( plus les institutions
européennes pour les pays concernés par le pacte de stabilité ) à se
rapprocher le plus possible de l'équilibre budgétaire. Les Etats se
retrouvent donc obligés de diminuer leurs dépenses, et autant dire que les coupes de budget ne se font pas au hasard.
La
première chose à comprendre à propos de cette crise est que ce n'est
absolument pas un accident si elle se produit précisément en ce moment.
En
effet, l'objectif partagé par les dirigeants des pays développés est la
recherche de l'anéantissement du secteur public au profit du secteur
privé. Or, ce projet entre aujourd'hui dans sa phase terminale, et
touche les trois secteurs d'activité.
Dans le secteur primaire ( agriculture ), la conséquence principale est une augmentation de la concentration
économique ( baisse du nombre de producteurs par anéantissement des plus faibles ).
En effet, en avançant l'argument budgétaire, les Etats réduisent drastiquement les subventions en faveur des
petits
exploitants mais maintiennent celles pour les firmes de l'industrie
agroalimentaire (26). Ainsi beaucoup d'emplois sont supprimés en zone
rurale, ce qui aggrave les inégalités entre villes et campagne et entre
régions.
Or,
au delà de l'effet désastreux sur l'économie locale ceci met en doute
notre capacité à faire face à l'enjeu écologique de parvenir à
relocaliser l'économie pour produire moins mais réaliser une production
de meilleure qualité. Dans le même temps les compagnies les plus
néfastes de l'industrie agroalimentaire conservent le soutien financier
de diverses fondations ( Rockefeller, Gates, Clinton, etc. ) (27) ce
qui nous conduit à l'inverse de la situation souhaitable ( production
biologique ). Par exemple, les multinationales du secteur ( Monsanto,
Cargill, Bayer, ADM, etc. ) exercent des activités de lobbying se
chiffrant en milliards de dollards afin d'imposer la culture des OGM à
l'échelle planétaire ( voir à ce sujet les nombreux articles de William
Engdahl, professur d'économie à l'université de Wiesbaden )
Dans
le secteur secondaire ( industrie ) la situation est similaire puisque
les gouvernements des pays riches cherchent par tous les moyens à
sauver leurs géants déchus de la faillite.
Or,
nous verrons que les solutions apportées ne sauveront pas les salariés
des groupes au bord du gouffre mais plutôt leurs dirigeants. Par
exemple, la tentative de sauvetage des trois ténors de l'industrie
automobile américaine ( Ford, GM et Chrysler ) s'est soldée par la
suppression de dizaines de milliers d'emplois rien qu'aux Etats-Unis.
De plus, les grands groupes industriels ayant massivement recours à la
sous-traitance, c'est un cercle vicieux qui s'enclenche, résultant sur
la destruction de millions d'emplois. Privées de prêts à taux
préférentiel du fait de la méfiance accrue des banques, ce sont les PME
( entreprises employant moins de 250 salariés ) qui souffriront le plus
de la crise, ce qui pose un problème majeur puisque le dynamisme de
l'économie dépend bien plus de la santé des PME que de celle des grands
groupes.
Pour
les activités plus anciennes, telles que la sidérurgie ou la
métallurgie la situation est encore plus désastreuse car il s'agit ici
d'emplois peu qualifiés, donc étant plus touchés par les
délocalisations vers les pays du Tiers-monde car il est plus facile de
trouver des travailleurs compétents dans des secteurs d'activités
exigeant peu de qualifications.
Le
secteur tertiaire ( services ) est plus diversifié que les deux
précédents, mais ceci ne devrait pas lui permettre de se tirer de la
crise actuelle à moindres frais.
En
effet, les services marchands ( services financiers, assurances,
consulting, télécommunications, transports et logistique, R & D,
etc. ) sont directement liés aux entreprises, donc si celles-ci sont
moins actives cela se répercute sur ce genre de services.
Ensuite,
les services intermédiaires ( qui peuvent être marchands ou non
marchands ) tels que l'éducation et la santé, ne sont pas des services
« rentables » au sens économique du terme car ils ne confèrent pas un
profit immédiat au prestataire de service. D'où la tentation pour les
pays touchés par la crise de réduire quantitavement et qualitativement
la prestation de ces services à travers la privatisation de ceux-ci car
ils sont aujourd'hui principalement pris en charge par les Etats.
Enfin,
les services non marchands ( justice, maintien de l'ordre public et
défense nationale ) sont rendus par les Etats. Ceux-ci sont les seuls à
voir leur budget augmenter en raison du lobbying du complexe
militaro-industriel (28). Toutefois, les activités sécuritaires de base
comme la police ou les CRS sont facilement privatisables et tendent
déjà à devenirir des milices aux ordres de certains ( toujours les
mêmes, bien entendu ... ).
B) Conséquences sur l'économie souterraine et les mouvements sociaux
Le seul secteur à ne pas connaître le crise est celui de l'économie parallèle. Par exemple l'industrie de la drogue
se porte particulièrement bien puisqu'avec 400 milliards de dollars de
chiffre d'affaire dans le monde elle est le premier marché mondial des
matières premières selon l'ONU. Le blanchiement d'argent correspond à
environ 2 à 5% du PIB mondial ( soit à peu près 1 milliard de dollars
blanchis chaque jour d'après l'ONU ).
L'heure
est donc plus que jamais à l'internationalisation des réseaux criminels
respectant une division du travail et une hiérarchie semblables aux
secteurs d'activités « classiques » (29).
Dès
lors qu'elle s'apperçoit que l'économie réelle se porte mal, la classe
dirigeante a besoin de renforcer les effectifs des forces de l'ordre.
Evidemment, ceci n'est qu'un enchaînement logique puisque les périodes
de crise sont propices aux révoltes en tous genres donc ceux qui ont
organisé celle-ci ont besoin de se prémunir contre tout mouvement
hostile en provenance de la base sociale, celle touchée par le chômage
et les saisies de logements. Cependant, on a vu à l'occasion de cette
crise le renforcement des nouvelles formes de contestation sociale,
telles que le squattage ou la séquestration des patrons-criminels (
ceux qui licencient alors que leurs entreprises réalisent des bénéfices
). Or, ceci est une donnée intéressante en ce qui concerne l'état
d'esprit des oppressés, car de plus en plus d'entre eux ne supportent
plus l'injustice, et s'organisent donc pour répondre à la violence par
la violence, sachant qu'un activisme exacerbé est le vecteur de
changement le plus efficace dans une société démente. La récente menace
portée par des ouvriers français qui annonçaient qu'ils allaient
dètruire leur usine à l'explosif s'ils n'obtenaient pas une indemnité
de licenciement décente montre que la situation sociale des pays
industrialisés a atteint le point de non-retour (30). Si la situation
ne se débloque pas rapidemment en faveur des précaires nous verrons de
telles menaces mises à exécution dans un futur très proche.
Voyons
maintenant quelles sont les solutions mises au point dans les sombres
couloirs de Washington, avant d'énoncer les mesures à prendre
immédiatement pour faire en sorte qu'une telle situation ne se
reproduise plus jamais.
III) Les solutions
A) Celles avancées par le syndicat du crime économique
« J'ai abandonné les principes de l'économie de marché pour sauver le système d'économie de marché. », George W. Bush sur CNN, 16 décembre 2008.
Voilà
très précisément où se trouve le véritable problème: ceux qui ont les
moyens de changer le monde préfèrent le statu quo car tout changement
économique, politique ou social représente un risque pour ceux qui
trônent en haut de la hiérarchie. Or, comme les dirigeants politiques
agissent en faveur de l'élite économique, la majorité des décisions
prises ne comporte pas d'éléments révolutionnaires
Ainsi,
la crise actuelle et les plans de relance mis en place pour la résoudre
sont une illustration de ce principe de base de l'action politique.
Pour faciliter la compréhension de cette situation nous nous en
tiendront à l'étude des deux plans de relance successifs décidés par le
gouvernement américain car les plans mis à exécution dans les autres pays développés sont semblables.
Voyons
d'abord la première partie du plan de relance américain, connu sous le
nom de « Plan Paulson », en référence au Sécrétaire du Trésor de
l'administration Bush, criminel notoire connu pour son passage à
Goldman Sachs ( une des banques d'affaires touchées par la crise ) qui
lui aura rapporté plus de 700 millions de dollars sur l'ensemble de sa
carrière, selon les estimations du World Socialist Website (31).
Voyons maintenant en quoi consiste le plan imaginé par le maître-spéculateur autoproclamé génie de la finance ...
Il comporte trois étapes : 250 milliards de dollars ont été immédiatement
accordés au Trésor, suivis de 100 milliards octroyés à la demande du
président des États-Unis, puis 350 milliards sujets à un nouveau vote
du Congrès des États-Unis (32).
B) Résumé du déroulement du plan.
Le 20 septembre 2008, Paulson et Bush proposèrent le rachat par le gouvernement fédéral américain de 700 milliards de mortgage-backed securities (MBS) afin d'augmenter la liquidité du marché des hypothèques et de réduire les pertes que
pourraient subir les institutions financières possédant ces titres. Ce
plan fut nommé Troubled Asset Relief Program (TARP) (33). Une fois
encore le but n'est pas de sortir les gens de la crise immobilière (
comme en témoigne le nombre spectaculaire de saisies de logements pour
l'année 2009: un record historique a été réalisé sur les trois premiers
mois de l'année, la pire depuis 1979 selon une étude de la Mortgage
Bankers Association ) (34).
Dans
la semaine du 21 septembre, il y eut différentes altercations entre les
membres du Congrès à propos de la durée et de la portée de la
proposition, lesquelles étaient aggravées par la faillite de plusieurs
institutions bancaires, telle que Washington Mutual, et les élections
présidentielles du 4 novembre 2008.
Le
21 septembre, Henry Paulson annonce que la proposition originale, qui
excluait les banques d'origine étrangère, a été révue pour inclure les
institutions financières étrangères en place aux États-Unis. Le
gouvernement fédéral américain a ainsi fait pression auprès de
différents pays pour mettre en place un plan semblable (35) ( les
réunions de « sortie de crise » entre Sarkozy, Merckel et Brown se sont
tenues très peu de temps après l'annonce du Plan Paulson ... ).
Le
23 septembre, le plan est présenté par Henry Paulson et Ben Bernanke (
président de la Fed ) au Senate Banking Committee, qui le rejeta en le
qualifiant d'inacceptable (36). Cependant, malgré ce rejet le plan
reste pratiquement inchangé, « démocratie » vous disiez ?
C) Conséquences lamentables et réactions diverses
Soumis
avant l'acceptation du plan Paulson, le budget fédéral américain pour
2008 était de 2 900 milliards. Les 700 milliards du plan l'amèneront à
3 600 milliards, soit une augmentation de 24%. Ce montant est supérieur
au le budget annuel de l'armée américaine et
plus élevé que le montant versé par le gouvernement fédéral aux
programmes Medicare et Medicaid combinés (37) ( selon un article du
Wall Street Journal du 28 Septembre 2008, date symbolique puisque le WSJ est sorti pendant quelques instants de son rôle de propagandiste pour nous livrer cette étude ).
Selon
un article paru dans Associated Press le 26 Septembre 2008, si le
Trésor américain dépense la totalité des 700 milliards USD, chaque
Américain verra sa dette augmentée de 2 295 USD (pour une population
d'environ 305 millions) soit une hausse de 4 635 USD pour chaque Américain ayant un emploi (pour
une population de travailleurs estimée à 151 millions) (38). Ces
calculs sont simplistes, car les auteurs font l'hypothèse que tous les
citoyens américains, travailleurs ou non, vont rembourser ce montant à
part égale ( ce qui est évidemment loin d'être le cas du fait du
bouclier fiscal évoqué précédemment ). Les auteurs « oublient »
égalemment l'intérêt sur la dette...
Petit détail amusant au sens tragique du terme étant donné les conséquences du Plan Paulson sur la conjoncture
économique
de la décennie à venir: à propos du montant de 700 milliards USD,
d'après une porte-parole du trésor américain citée par Forbes.com:
« Ce n'est pas fondé sur quelque donnée que ce soit. Nous avons seulement choisi un très gros montant » (39).
Non
seulement les plans de relance ne sont pas destinés à relancer
l'économie réelle mais en plus le montant retenu pour secourir les
institutions responsables a été choisi au hasard ...
Sans parler de l'aspect hautement démocratique de la mesure:
Lors
d'un sondage effectué entre le 19 et le 22 septembre 2008 par
Bloomberg.com et le Los Angeles Times, des citoyens américains devaient
répondre à la question : « Est-ce que le gouvernement devrait utiliser
l'argent des contribuables pour sauver les institutions financières en
difficulté, sachant que leur faillite aurait des incidences négatives
sur l'économie et le marché, ou bien ce n'est pas la responsabilité du
gouvernement de sauver les sociétés privés avec l'argent du
contribuables ? ». Résultat ? 55 % des sondés s'opposent à
l'initiative du gouvernement, alors que 31 % l'appuient (40).
Evidemment, mais j'oubliais que les « citoyens » des Etats dits
démocratiques ne sont plus consultés depuis longtemps au sujet des
décisions qui affecteront leur vie au quotidien.
Voyons maintenant quelques réactions au sein du Congrès.
-
Le président du Senate Banking Committee, le sénateur Christopher Dodd,
a déclaré que « ce plan est stupéfiant par son étendue et par son
manque de détails... Il ne fait rien selon moi pour aider une seule
famille à sauver sa maison. » (41).
-
Le sénateur Richard Shelby, le représentant officiel du parti
républicain au Senate Banking Committee, a annoncé qu'il est « inquiet
que [la proposition du Trésor américain] ne soit ni applicable ni
compréhensible, malgré son coût très élevé » (42).
Voilà
deux personnes qui ont visiblement compris que le Plan Paulson n'a pour
objectif de sauver leurs concitoyens ( même s'ils le disent un peu
différemment, censure oblige, l'idée y est néanmoins). Plus
interessante encore est la réaction du sénateur Ron Paul, qui propose
un autre projet tellement différent de ce que l'on a l'habitude de voir
en politique qu'il mérite que l'on s'y attarde un peu plus loin dans
les solutions dignes de ce nom.
De
même, certains économistes et non des moindres se sont vivement opposés
au plan de relance. En premier lieu, mentionnons le groupe des 200
économistes américains:
Le
24 septembre 2008, dans une lettre envoyée au Congrès des États-Unis,
plus de 200 économistes travaillant dans des universités ont exprimé
leurs « grandes inquiétudes à propos du plan proposé par le Secrétaire
au Trésor Paulson ». En effet, approuvée par 231 économistes américains
en quelques jours, elle a été qualifiée de « consensus apparent des
économistes académiques ». Ses auteurs perçoivent trois pièges fatals
dans le plan proposé :
«
1) Son honnetêté. Le plan est une subvention aux investisseurs aux
dépens des contribuables. Les investisseurs qui ont pris un risque pour
faire un profit doivent aussi subir les pertes. [...] Le gouvernement
peut maintenir une industrie financière qui fonctionne bien [...] sans
sauver quelques investisseurs qui ont pris de mauvaises décisions.
2)
Son ambiguité. Ni la mission de la nouvelle agence ni sa supervision ne
sont claires. Si les contribuables doivent acheter des actifs non
liquides et opaques de vendeurs en difficulté, les termes, les
occasions et les méthodes de ces achats doivent être transparents avant
de procéder à l'achat et les actifs doivent être supervisés avec
diligence.
3)
Ses effets à long terme. Si le plan est accepté, ses effets seront avec
nous [les Américains] pour une génération. Suite à leurs efforts, les
marchés des capitaux américains, dynamiques et innovateurs, ont amené
une prospérité nationale inconnue jusqu'alors. Affaiblir de façon
fondamentale ces marchés dans le but de calmer des perturbations à
court terme est affligeant »
— Extrait de la lettre envoyée au Congrès des États-Unis par un collectif d'économistes américains. (43)
Si elle n'était pas destinée au Congrès, cette lettre demanderait sans doute aussi plus directement:
« Excusez-nous
de vous réveiller en pleine sieste, mais auriez-vous l'obligeance de
nous faire parvenir la liste du club très fermé de ceux qui vivront
mieux après la crise qu'avant celle-ci ? »
Plus élégemment, Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, a comparé le plan Paulson à une
transfusion sanguine à un malade qui souffre d'une hémorragie interne (
dans un entretien au journal Le Monde ) (44). Une métaphore admirable
en tous points ...
Cependant,
le plan Paulson n'était que le premier acte mis au point entre Wall
Street et Washington pour secourir les banques irresponsables, sans
oublier leurs dirigeants qui ne se priveront pas de bonus et autres
« indemnités » en tous genres. En effet, dans le courant de cette année
l'administration Obama a annoncée qu'elle va mettre en place son propre
plan pour répondre à la crise:
Le
plan a été accepté par le Sénat et la Chambre des représentants après
une série de débats, chacune des chambres ayant proposé son propre
plan. Les deux chambres se sont entendues sur un programme qui coûtera
environ 790 milliards USD. Les deux premières étapes ont été révélées:
Le
18 février 2009, Barack Obama a annoncé la mise en place d'un plan
visant les propriétaires de résidence. Il a pour but d'éviter à au
moins sept millions de propriétaires américains la saisie de leur
résidence. Ce plan dit immmobilier sera ajouté à ceux annoncés
précédemment. Il est doté d'une enveloppe de 75 milliards USD, mais elle « pourrait » augmenter jusqu'à plusieurs centaines de milliards (45)
Le
18 mars 2009, pour contrer les effets de la récession aux États-Unis,
la Fed a décidé d'acquérir pour 300 milliards USD d'obligations du
Département du Trésor des États-Unis, pour 750 milliards USD de
mortgage-backed securities (MBS) et d'acquérir des dettes de Fannie Mae
et Freddie Mac pour 100 milliards USD (46). Nous avons donc la Fed qui
se charge d'éponger les dettes du gouvernement fédéral tout en
s'engageant dans le rachat des titres douteux toujours détenus par les
banques, sans oublier de prendre en charge les dettes de Fannie qui
sélectionne les hypothèques que Freddie revend sur le marché mondial (
ces deux institutions sont sous contrôle gouvernemental depuis 2008 ).
Il
y a juste un petit problème: Comment le gouvernement américain va-t-il
pouvoir financer deux plans de relance pour un montant total de plus de
1400 milliards de dollards ( avec le plan de sauvetage de l'industrie automobile ) alors qu'il a déjà recours à la Fed et aux pays étrangers pour financer ses dettes et celles appartenant aux organismes boîteux qu'il a pris en tutelle ?
Seule réponse possible:
La
planche à billets va tourner à plein régime sans être sûr que le compte
y sera ( fortement imbrobable surtout depuis que les pricipaux
acheteurs de la dette américaine, à savoir la Chine et le Japon, ont
déjà réduit leur rythme d 'acquisition (47)). Ainsi un scénario
sérieusement envisageable à moyen terme ( dans les 10 à 20 à venir )
est celui d'un monde dans lequel les Etats-Unis présentent une
hyperinflation encore jamais vue à ce jour car pour compenser une
explosion de la création monétaire il faut réaliser une hausse
généralisée des prix pour que les biens et services conservent une
valeur réaliste par rapport à la masse monétaire en circulation dans
l'économie. Or, comme les travailleurs américains ( au même titre que
les autres d'ailleurs ) ne sont pas prêts de voir un jour leurs
salaires augmenter aussi vite que l'inflation, il se peut que beaucoup
découvrent la joie d'une vie au rythme des tickets de rationnement (48).
Après
avoir mis à la lumière les causes, les répercussions et les fausses
solutions de cette crise, il est temps d'établir une liste comportant
une série de mesures à la fois réalistes et efficaces pour mettre fin à
cette situation invraisemblable. Evidemment beaucoup diront que c'est
un rêve. A ceux-là je dirais que si c'est un rêve alors c'est un rêve
dissident, avant d'ajouter que les révolutions ayant bouleversé le
monde dans un sens comme dans l'autre n'ont été possibles que parce
qu'à un moment précis du temps et de l'espace quelques idéalistes se
sont levés contre la folie de leurs contemporains.
IV) Le plan de relance tel qu'il devrait être
A) Reprise en main de la sphère financière
Travail préalable:
Comme
l'a réclamé Bloomberg.com, il faut exiger de la Fed et des autres
banques centrales qu'elles dévoilent la liste des bénéficiaires des
plans de relance, ainsi que le montant d'argent public versé. Selon le
sénateur Ron Paul, il faut carrément abolir la
Fed pour son rôle de créateur illimité de monnaie (49). Plus
vraisemblablement, il faudrait élir une commission pour superviser les
banques centrales et s'assurer qu'elles n'abusent pas de leur pouvoir.
En ce qui concerne les
banques impliquées dans la crise et ayant reçu une aide d'Etat, elles
devront rendre public leur bilan ( c'est à dire le compte rendu des
actifs possédés ainsi que le risque associé à chacun et leur valeur sur
le marché; et les dettes qu'elles ont contractées jusqu'à présent. ).
Ce
n'est qu'une fois la vérité révélée sur les plans de relance actuels
que l'on pourra entreprendre une réforme complète du système bancaire.
Une telle action ne saurait être efficace sans les propositions
suivantes:
1) Fin
des opérations « hors-bilan »: toute transaction devra être répertoriée
dans le bilan de l'institution concernée afin de faciliter la notation
des produits financiers. Concernant les fameux bonus, ils ne devront
être accordés qu'en cas de rendements exceptionnels et être
soumis à l'impôt sur le revenu. A l'inverse, les traders faisant perdre
de l'argent à leurs employeurs devront rembourser cette somme ou finir
en prison.
2) Des
organismes de contrôle libres de toute pression extérieure devront être
créés: cela concerne autant les agences de notation que celles chargées
de contrôler les marchés financiers. Cela est valable égalemment pour
toute entreprise travaillant dans la comptabilité, l'audit et
l'assurance.
3) Démantèlement
des paradis fiscaux et interdiction de spéculer avec les produits
dérivés et autres titres inventés pour donner une illusion de
croissance.
4) Réaliser
une convention à l'échelle mondiale établissant à nouveau la
différentiation obligatoire entre banques d'affaires et banques
commerciales. Fixer les réserves obligatoires à 5:1 ( autrement dit
pour prêter ou investir 5 millions la banque devra elle-même posséder 1
million dans ses coffres à la banque centrale pour faire face à la
demande des particuliers et des entreprises ).
5) Effectuer
une hausse généralisée des taux d'intérêts pour mettre fin au système
actuel des crédits que l'on pourrait nommer « à n'importe qui n'importe
comment »: si la banque centrale augmente significativement son taux
directeur alors les banques sélectionneront mieux les emprunteurs car
elles-même seront limitées dans l'allocution des crédits par la hausse
de la valeur des devises sur le marché. Ainsi, si le créancier n'a pas
recours à la dette pour gérer ses affaires et si l'emprunteur
selectionné a les moyens de rembourser sa créance dans les conditions
établies alors une crise de type « subprimes » devient virtuellement
impossible.
B) Décisions douloureuses à prendre au niveau national et international
Ceci
dit un tel projet n'a aucune chance d'aboutir sans un profond
changement de mentalité dans les instances décisionnelles du monde
entier.Voici quelques unes des modifications à apporter de toute
urgence:
1) Refus
du fanatisme néolibéral: l'Etat doit être en mesure d'intervenir dans
l'économie si la situation l'exige, comme par exemple au cas où les
autorités de régulation des marchés searient inefficaces pour une
raison ou une autre
2) Le
protectionnisme ne doit pas être considéré comme un mal à condition que
les mesures protectionnistes aident les faibles contre la concurrence
déloyale. Il faut donc favoriser les pays pauvres au sein des
institutions internationales, subventionner les petits producteurs
ainsi que toute entreprise réalisant une production aussi respectueuse
que possible de l'environnement,etc.
3) La
dette du Tiers-monde doit être annulée pour permettre à ces Etats de
compenser leur retard économique. De plus,cette mesure est un impératif
d'autant pressant qu'elle doit permettre d'atténuer la crise écologique
imminente. En effet, il est plus facile pour des pays en reconstruction
d'investir dans les énergies renouvelables et mettre en place une
agriculture biologique à grande échelle que pour des pays
industrialisés de longue date.
4) Classer
le lobbying parmis les activités illégales pour donner leur
indépendance aux Etats et aux institutions internationales pour la
première fois de leur histoire ( pardonnez-moi de considérer que tout
acteur
de la vie économique, politique, sociale ou culturelle soumis à des
intérêts particuliers ne peut être considérer comme étant libre ).
Assurément,un monde qui ne serait plus régit par la volonté des
puissants de tous horizons ne manquerait pas d'être un endroit plus
agréable à vivre pour l'écrasante
majorité d'entre nous.
5) Les
médias se définissant comme « source d'information » devront
impérativement prouver leur indépendance financière et intellectuelle.
Le financement par la publicité est donc à bannir. Un média exerçant
uniquement à partir des dons de ses fidèles sera la meilleure preuve
d'autonomie. Inutile de rappeler que plus un peuple est savant, moins
il sera facile à duper par les artifices de la propagande. Or, la
plupart des « citoyens » de ce monde s'informant par voie passive (
télévision en premier lieu, mais aussi radio, etc. ), si les sources
d'information de masse deviennent crédibles alors ce ne sont pas
seulement des crises que nous allons éviter, il se pourrait bien que
certaines élections dans les pays développés prennent une toute autre
tournure ...
C) Le plan de relance nécessaire à court terme
En
dehors des réformes structurelles évoquées précedemment qui mettront
une infinité de temps à être comprises et encore plus à être appliquées
malgré l'urgence de la situation, il y a une série de propositions
simples qu'il faut adopter immédiatement.
1) Aide
publique à distribuer uniquement aux PME, grandes entreprises et
banques récupérables. Autrement dit, il faut sauver seulement les
acteurs de l'économie réelle, et parmis les grandes entreprises
seulement celles qui s'engagent à maintenir l'ensemble de leurs
activités dans les pays octroyant cette aide. Pour les banques, il est
souhaitable de laisser se noyer celles qui nagent au milieu de leur
océan d'actifs toxiques ( il serait en effet indécent que l'Etat se
porte garant d'une banque possédant plus de 10% d'actifs de ce type).
2) Instaurer
un véritable partage des pouvoirs au sein des institutions
internationales de premier ordre ( FMI, OMC,BM ). Dans le cas contraire, celles-ci
resteraient le plus sûr moyen de continuer à légitimer la dominaton des
riches sur les pauvres, et mériteraient à ce titre de disparaître car
le monde
ne pourrait raisonnablement être plus inégalitaire qu'à ce jour.
3) Mettre
en place un impôt progressif. Pour financer un plan de relance aussi
ambitieux, l'Etat devra mettre à contribution ses membres les plus
prospères ( rappelons que dans le cadre du New Deal qui a en grande
partie permis de sortir les Etats-Unis de la crise de 1929, Roosevelt
avait osé appliquer un impôt progressif allant au-delà de 70% des
revenus pour les plus riches ... ) (50). De plus, l'impôt progressif
permettra d'augmenter le pouvoir d'achat des classes moyennes et
défavorisées, ce qui rendra possible une relance de la croissance par
la consommation.
4) Diviser
par deux ou trois le budget de la Défense pour investir dans
l'éducation, la formation professionelle, la recherche et dans le
biologique et le renouvelable. Dans les pays développés, il est certain
qu'une majorité de contribuables préfereront voir leur argent dépensé
de la sorte plutôt que dans la chasse aux térroristes, les coups
d'Etats ou les subventions aux producteurs d'OGM et autres
multinationales-qui-vous-veulent-du-bien.
5) Abolir
le marché des matières premières à l'exception des métaux précieux.
Pour en finir avec une autre forme de spéculation qui n'a que trop
durée, il faut rétablir une parité fixe entre les monnaies, dont la
valeur dépendrait du cours des métaux: plus un pays est riche en
ressources minérales et plus la valeur de sa monnaie serait forte.
Imaginez donc ce monde où la rouble russe a plus de valeur que le
dollar d'Oncle Obama ! Dans ce monde, plus de spéculation sur la valeur
des devises ...
Mais ce n'est pas tout, en ce qui concerne les autres matières premières il faudrait:
- Interdire le stockage en vue de faire grimper délibérément les prix
-
Ne plus reconnaître la catégorie de produits financiers nommée
« futures » ( achats à terme en spéculant soit sur la hausse soit sur
la baisse de l'actif concerné ).
En
prenant un peu d'avance, il est à noter que les propositions 4 et 5 de
cette sous-partie permettraient pratiquement à elles seules d'éviter
les crises alimentaire dans un premier temps puis écologique dans son
ensemble peu de temps après.
Toutefois,
même en prenant toutes les solutions évoquées dans cette quatrième
partie, il faut avoir la lucidité de dire qu'il s'agit là des premiers
secours en quelque sorte. Concernant cette crise, mon voeu le plus cher
est que ceux que l'on classe parmis les « intellectuels » prennent
leurs responsabilités: la maison a été balayée par une tornade que trop
peu ont vu venir, il s'agit maintenant que chacun vienne ajouter sa
pierre au nouvel édifice selon ses capacités. Le problème est que pour
l'heure nous sommes encore en manque d'architectes ...
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